La terre crue est utilisée pour les constructions depuis des millénaires dans le monde entier. Aujourd’hui encore, un tiers de la population mondiale vit dans une maison en banco. Au Sahel, la terre répond parfaitement aux besoins des habitants, pourtant elle souffre d’une mauvaise image. Pour montrer que cette technique ancestrale est toujours pertinente, une ONG italienne basée à Niamey, le CISP, a lancé un projet de promotion de la terre.

 

Photo  ©  Gustave Deghilage

 

Les premières traces de construction en terre, retrouvées en Mésopotamie, ont 10 000 ans. Au Sahel, les mosquées de Djenné et d’Agadez sont parmi les plus beaux exemples de cette tradition séculaire. La terre est utilisée par une grande partie de la population du Sahel, mais elle est parfois perçue comme pauvre. Ceux qui ont les moyens de construire en béton s’en détournent. 

Pourtant, par ses propriétés et sa très grande disponibilité, le banco répond aux enjeux du Sahel : extrême chaleur, rareté du bois et manque de moyens. Convaincues de la modernité de ce type de construction, une architecte belge, Odile Vandermeeren, et une archéologue italienne, Marta Abbado, installées à Niamey, ont lancé un projet de promotion de l’architecture en terre sur deux ans. 

Le CISP, avec des ONG ouest-africaines, la ville de Niamey et le gouvernement du Niger, va réaliser un inventaire des savoir-faire du pays. Grâce au financement des pays ACP et de l’Union européenne, des prototypes de maisons et de bâtiments collectifs seront réalisés avec des architectes nigériens. Le Musée national se verra doté d’un pavillon de l’architecture en terre et en 2014, Niamey accueillera un colloque international sur ce thème.

 

Le banco : un matériau parfaitement adapté au Sahel 

Au Niger, en saison chaude, la température peut atteindre 50 degrés Celsius. La terre crue possède une bonne inertie thermique : elle se réchauffe moins vite que d’autres matériaux. Pour le constater, il suffit d’entrer dans la maison de Boubacar Assoumane, formateur pour l’Association nigérienne de construction sans bois. Il vit avec sa famille dans une maison en banco depuis dix ans. « On est toujours bien. Quand il fait chaud à l’extérieur, il fait frais à l’intérieur. Je n’utilise jamais de climatiseur, sourit-il. Alors que dans une maison en tôle ou en béton, c’est invivable, il faut toujours être dehors. » 

Ce confort thermique n’est pas un luxe, il répond à une réalité économique. « A Niamey, la majorité des habitants n’a pas l’électricité », rappelle Marta Abbado, chef du projet pour le CISP. « C’est un énorme changement de comportement pour une famille de pouvoir dormir à l’intérieur dans une ville bruyante ou dans une zone où il y a beaucoup de moustiques et donc de risques de paludisme. » 

Le banco est disponible presque partout sur le territoire nigérien, ajoute Adam Abdou, directeur général du développement et de la prospective à la ville de Niamey. « Or, nous devons faire face à une explosion démographique avec des moyens limités. Qui dit grande disponibilité dit faible coût : nous n’avons pas à importer des matériaux chers. De plus, c’est une technique de construction qui réduit l’utilisation du bois et comme tous les pays du Sahel, nous sommes touchés par la désertification. »

                                                      

Sur le chantier de la maison d’hôte d’Odile Dayak, dans le quartier Terminus, à Niamey. Photo  ©  Marta Abbado & Gustave Deghilage

 

Redonner une image moderne à l’architecture en terre 

Associant le béton à la promotion sociale, de nombreux investisseurs, quand ils le peuvent, préfèrent les matériaux importés au banco. 

« Il faut montrer l’exemple, défend l’architecte Omar Bembello, ceux qui ont les moyens de choisir doivent aller vers la terre. » Une idée reprise par Adam Abdou : « je ne peux pas encourager les gens à construire en terre si, moi-même, je vis et travaille dans des bâtiments en parpaings. » Peut-on imaginer des logements de fonctionnaires en terre ? « Bien sûr, répond Elhaj Abdou Ali, du ministère nigérien du Logement. Les ministres de ce pays sont presque tous nés dans des maisons en terre ! »

« Nous voulons montrer que la terre, c’est très moderne », explique Marta Abbado « On peut combiner plusieurs matériaux. En ajoutant au banco un peu de ciment ou en utilisant des briques de terre stabilisée (un mélange de latérite et de ciment, Ndlr), on peut atteindre trois étages sans problème. » 

Le projet du CISP vise à constituer une véritable filière pour que ceux qui veulent construire en terre trouvent désormais facilement un cabinet d’architectes, un maître d’œuvre, des maçons… « Il y a beaucoup de professionnels convaincus et motivés », souligne Odile Vandermeeren qui organise déjà depuis un an des rencontres sur le sujet. 

En plein cœur de Niamey, dans le quartier terminus, des centaines de briques rouges et brunes sèchent au soleil. Une vingtaine de maçons travaillent sur le chantier d’une maison d’hôtes. Trois bâtiments, un étage et une terrasse. Le responsable du chantier Mouloul Amoumoune n’est pas surpris. A Agadez, d’où il vient, la terre est une évidence. La mosquée date de 1515 et elle est toujours debout.

 

 

 

 

Source : rfi.fr | Amélie Tulet 

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mercredi, 23 janvier 2013 14:23

Carrelage en Terre Cuite : 100% Ecologique

 

 

 

Etude de cas : La tomette de Salernes

La tomette de Salernes, en terre cuite parfois émaillée, est le revêtement de sol typique des maisons provençales de Salernes. En Provence, les tomettes sont toujours de forme hexagonale et leur mode d'emboîtement, qui ne laisse presque pas de joint, donne un sol très lisse et doux.

 

Photo © Sismondini 

Histoire de la tomette se Salernes

Le village de Salernes, dont l’économie reposait traditionnellement sur des activités agricoles (production de l’huile, du vin, du blé) et sur les filatures de soie, a commencé à produire de la faïence à la fin du XVIII ème siècle. Au lendemain de la Révolution, le marché de la faïence décline et le village se reconvertit dans la fabrication de tuiles, de briques, de tuyaux, de malons et de poteries utilitaires en terre cuite.

C’est dans les années 1830 que les fabricants de Salernes se sont spécialisés dans la fabrication d’un seul produit : la fameuse tomette de Salernes.

Ce malon hexagonal rouge doit sa réputation à la qualité exceptionnelle des gisements d’argile de Salernes, une argile rouge ferrugineuse.

La production de la tomette de Salernes prend une ampleur considérable dès 1850, quand ce matériau léger et très résistant conquiert le marché du bâtiment. La production des tomettes, qui profite de l’expansion des constructions sur le littoral azuréen, devient très tôt le fer de lance de l’économie de la région. Pour répondre à une demande toujours plus grande, de nouvelles fabriques sont construites et les petits ateliers implantés à Salernes sont agrandis.

Cette activité s’est maintenue jusque dans les années 1950 et le procédé de fabrication des tomettes s’est transmis de génération en génération, sans grands changements.

Les fabriques de Salernes alimentent non seulement les magasins de provinces voisines mais exportent aussi leur fameux carrelage hexagonal en Afrique du Nord, en Afrique du Sud, en Italie et en Amérique.

Cette activité s’est maintenue jusque dans les années 1950 et le procédé de fabrication des tomettes s’est transmis de génération en génération, sans grands changements.

 

 Photo © Sismondini 

Photo © Sismondini 

 

Le procédé de fabrication traditionnel

La tomette de Salernes est fabriquée avec l’argile extraite des carrières environnantes. Cette argile est lavée dans un délavoir ou malaxeur, dans lequel la terre et l’eau sont brassées pendant un heure et demi environ. Le mélange ainsi obtenu, appelé la barbotine, est conduit dans des bassins de décantation ou pastières. Après évaporation de l’eau, la terre prend une consistance solide. On en fait des boules de 13 à 15 kilos, appelées pastons ou pains, que l’on place sur une aire de séchage, le séchoir à pains.

Après une journée de séchage à l’extérieur, les pastons sont stockés dans une cave humide et sombre pendant de nombreux mois avant d’être utilisés pour le façonnage des malons proprement dits.

 

Adaptation dans les Pays Africains dotés de ce matériau naturel, terre crue

Bon nombre de pays africains sont dotés de ce matériau naturel, terre crue. Jusqu’à ce jour les techniques de construction avec ce matériau n’ont pas pour autant changer, et font d’ailleurs partie du patrimoine mondial. Pour jumeler patrimoine et modernité, puis répondre aux besoins locaux en matière de construction et d’architecture, ne pourrait-on pas mettre en place une technique de production comme celle de la tomette de Salernes !?

Cette production pourra redorer sans aucun doute l’image donnée aux constructions en terre, jusque-là, négative et jugée archaïque et comme matériau de pauvres.

 

 

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Source : Global archiconsult

 

 

 

 

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A la demande des industriels, le Centre technique des matériaux naturels de construction (CTMNC) analyse de plus en plus les briques de terre crue. L’objectif ? Caractériser le matériau et chiffrer leurs performances en termes d’isolation, d’inertie et prochainement de régulation hygroscopique.

 

© Lydie Didier-AsTerre

 

Les blocs de terre comprimés sont généralement produits à l’aide de presse manuelle. Le moule est rempli de terre humide. Un bras de levier permet d’exercer une forte pression sur le bloc, qui est ensuite démoulé, puis stocké.

Matériau à faible énergie grise disponible presque partout, la terre crue utilisée en construction revient au goût du jour. Qu’il s’agisse de pisé, de bauge, de torchis ou de briques de terre comprimée, la terre crue est utilisée depuis toujours et a fait la preuve de sa durabilité. Pour autant, il reste difficile de convaincre assureurs et bureaux de contrôle de ses propriétés en construction neuve. Devant le manque de documentation pour définir et caractériser la terre crue et ses usages dans le bâtiment, la filière s’organise. Au Centre technique des matériaux naturels de construction (CTMNC), Pascal Maillard, chargé de projet recherches et développement a vu sa pratique évoluer depuis 2008 : « A l’origine nous étudiions les propriétés des briques de terre cuite. Ce sont nos adhérents qui petit à petit nous ont posé davantage de questions sur les performances des briques de terre crue. Aujourd’hui, notre équipe de trois personnes travaille pleinement sur le sujet. »

Pour l’instant, les briques extrudées testées sont destinées à former des cloisons intérieures sans rôle structurel. La plupart d’entre elles mesurent 11 x 22 x 5 cm, le format classique des briques apparentes. Certaines peuvent aller jusqu’à 45 cm de longueur. Pour ces produits, les innovations visent avant tout à simplifier la mise en œuvre avec des plots pour faciliter la superposition, ou des perforations pour passer un tuyau de chauffage ou d’eau chaude. Parfois recouvertes d’enduit pour des raisons esthétiques, certaines briques sont déjà rainurées pour faciliter l’application de ce dernier.

 

Capitalisation des connaissances 

Outre la caractérisation du matériau proprement dit, à travers sa granulométrie, sa composition minérale et chimique, les essais portent sur la conductivité thermique et depuis peu sur l’inertie. Les performances hydriques relatives à la perméabilité à la vapeur, c'est-à-dire à la capacité du matériau à se laisser traverser par la vapeur d’eau? Et la sorption hygroscopique, soit sa capacité de stockage de l’humidité? seront au programme en 2013. « Il s’agit de mesurer concrètement le ressenti que chacun peut avoir avec ce matériau connu pour réguler l’humidité et la température », indique Pascal Maillard.

Le manque de normes sur la terre crue constitue le point délicat. D’autant plus que les essais ne peuvent pas être simplement transposés du béton ou de la terre cuite. « Suivant le protocole d’essai et la taille des échantillons, les résultats diffèrent. Nous cherchons donc à valider dans les prochains mois un format et un résultat à la compression également fiable », précise Pascal Maillard.

La prochaine étape, qui fait aussi partie des objectifs pour la mise au point de règles professionnelles, sera donc le partage des connaissances entre utilisateurs et scientifiques. Le CTMNC, qui participe aux réunions pour l'élaboration des règles professionnelles sous l'égide de la direction de l'habitat, de l'urbanisme et du paysage (DHUP) et l'association Asterre, a d'ailleurs organisé une première journée technique en 2012.

 

 

Source : Julie Nicolas | Source LE MONITEUR.FR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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