Enfin, le Cameroun a ses premiers architectes formés localement. La sortie officielle des récipiendaires aura lieu le 19 novembre 2015 à l’Ecole supérieure spéciale d’architecture du Cameroun (ESSACA) à Yaoundé.

Révolue est désormais l’époque où les jeunes camerounais allaient se faire former en architecture à l’étranger. Depuis bientôt sept ans, l’ESSACA a ouvert ses portes avec pour objectifs de former sur place des architectes de rang mondial, à égale compétences avec ceux issus des écoles de renommée sur le continent africain et ailleurs.

Placée sous le très haut patronage du président de la République, Paul Biya, la cérémonie de remise des parchemins aux premiers lauréats de l’ESSACA, le 19 novembre 2015, honorera trois jeunes camerounais. Selon le Directeur exécutif de l’Ecole Supérieure Spéciale d’architecture du Cameroun, Jean Jacques Kotto, «nous ne formons pas des architectes qui peuvent exercer uniquement au Cameroun, nous formons des architectes qui peuvent exercer partout dans le monde».

Le nombre assez minime de cette première promotion s’explique par le coût élevé de la formation. En effet, les étudiants locaux doivent débourser pas moins de quatre millions de F CFA par an, pendant six ans, pour poursuivre leurs études à ESSACA. Pour Jean Jacques Kotto ce n’est rien comparé aux mêmes études à l’étranger : «Si vous comparez les études à ESSACA ou en Tunisie ou dans d’autre pays, nous sommes vraiment en dessous du prix que pratiquent les autres écoles. Sauf les écoles d’Etat qui ont des subventions».

Néanmoins des projets sont en cours pour revoir le coût de la formation : «Aujourd’hui nous sommes en train de monter divers projets avec l’Etat à travers les ministères de l’Urbanisme, de l’Enseignement supérieur, pour arriver à mettre à la portée de tous cette possibilité de prendre des cours à ESSACA. Je crois que c’est simplement les frais inhérents à la formation par rapport à la venue des spécialistes que nous voulons de qualité qui fait qu’il faut prendre en charge ces personnes qui viennent de loin, même si nous avons au niveau d’ESSACA des professeurs et enseignants qui sont locaux». Jean Jacques Kotto, ancien Président de l’Ordre des Architectes du Cameroun, actuel président de l’Union des Architectes d’Afrique, s’exprimait ainsi sur les ondes de la radio nationale, la CRTV, peu après le journal parlé de 7h ce lundi 16 novembre.

Pour Jean Jacques Kotto, lorsqu’on fait des études d’architecture pendant cinq à six ans, il faut investir. «Il faut que dans ces montants que nos étudiants puissent voyager. Nous avons une garantie que nos étudiants aillent pendant un an dans des écoles étrangères supporté par nos frais. Si nous enlevons la possibilité aux étudiants d’aller au Nord, à l’Est, à l’Ouest… découvrir les profondeurs de notre pays, ce sont des coûts. En réalité, quand on voit la formation elle-même sans cette logistique, elle est au moins d’un tiers de cette sommes là», souligne-t-il.

L’ESSACA met donc sur le marché ses premiers architectes. Plusieurs autres jeunes camerounais y ont entamé leur cursus. L’école se donne pour défis de démocratiser l’accès aux études architecture au Cameroun, mais également accompagner toute la politique du gouvernement en matière de construction, avec tout ce que cela comporte comme signification et profonde responsabilité.

 

Source : Cameroon-info | Onana N. Aaron

 

 

 

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