Diébédo Francis Kéré (Burkina-Faso)

Natif de Gando dans la province du Boulgou, Francis Diébédo Kéré fait partie de cette génération d'architectes africains qui exercent au sein de plusieurs mondes culturels, plusieurs géographies. Son parcours l'a mené du Burkina Faso, où il a grandi et fut charpentier, à l'Allemagne où il est devenu architecte. Aujourd'hui, depuis son agence installée à Berlin qui réunit huit personnes, il construit non seulement au Burkina mais en Suisse, au Mali, en Chine, au Togo ou en Espagne : Il collabore actuellement avec le metteur en scène Christoph Schlingensief au projet Festspielhaus Afrika. Une salle d'opéra qui est construite à quelques kilomètres de Ouagadougou, plus précisément à Loango. Il a remis les clés pour l´inauguration du musée de l´architecture en terre de Mopti. Il a mené de mains de maître le projet de construction du parc national du Mali à Bamako. Il a inauguré récemment au Togo, le Centre de formation de Dapaong qui est en chantier depuis l’automne 2010. Au Yémen, un prototype de bâtiment scolaire fondé sur des critères bioclimatiques fût déjà réalisé.

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David Adjaye OBE, (Ghana)

Né en 1966 à Dar Es Salam en Tanzanie où son père était un diplomate ghanéen, est un architecte britano-ghanéen.

Il fit des stages dans les cabinets d'architecte de David Chipperfield et Eduardo Souto De Moura, et devint diplômé en 1993 du Royal College of Art. La même année il gagne la médaille d'argent du Royal Institute of British Architects (RIBA). Il ouvre sa propre agence en 1994 portant le nom de Adjaye Architects.

Il vit et travaille à Londres, et sa réputation est d'ordre international. Ses bureaux se trouvent au nord de Londres.

En 2006 sa bibliothèque Whitechapel Idea Store à Londres est nommée pour le prix Stirling. Il a aussi collaboré avec l'artiste Olafur Eliasson pour l'installation lumineuse : « Your black horizon » (Votre horizon noir) à la biennale de Venise. Il a travaillé avec Chris Ofili pour créer une ambiance propice à l'exposition de la série de peintures de l'artiste The Upper Room, maintenant à la Tate Britain.

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Imaad Rahmouni, (Maroc)

En 1999, après une première expérience auprès de Philippe Starck, Rahmouni crée sa propre agence à Paris. L’agence a également ouvert un bureau à Marrakech, en 2005. Au départ, ils étaient six. Aujourd’hui, emploie une vingtaine de designers, architectes et graphistes originaires de 16 pays différents.

Il a conçu des bars branchés à Paris et à Londres, aménagé des tours à Tokyo et à Bangkok, érigé des hôtels au Maroc, en Espagne et en Tunisie. Mais, curieusement, l’architecte algérien Imaad Rahmouni, qui mène cette brillante carrière internationale, n’a rien construit dans son pays natal, quitté en 1990.

 

 

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 Rachid Andaloussi, (Maroc)

Après un diplôme de l’école d’architecture de Paris, il rentre au Maroc en 1986 et ouvre son propre cabinet. Passionné par Casablanca, connue pour ses immeubles Arts déco, il travaille aux côtés de Driss Benhima. En 1995, il participe à la fondation de Casamémoire, une association dont le but est de sensibiliser à la préservation et à la restauration du patrimoine urbanistique du XXe siècle.

Son amour et sa parfaite connaissance de la ville lui ont permis de remporter, avec le presti­gieux architecte français Christian de Portzamparc, le concours international pour la construction de CasaArt, le plus grand théâtre d’Afrique et du monde arabe à Casablanca.

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 Kunle Adeyemi (Nigéria)

Né le 7 Avril 1976, Adeyemi est un architecte nigérian, urbaniste et chercheur créatif. Adeyemi est le fondateur et directeur de Nlé, basée à Amsterdam aux Pays-Bas.  Nlé est une agence d'architecture, de design et d'urbanisme. Adeyemi a étudié à l'Université de Lagos au Nigéria et l'Université de Princeton dans le New Jersey, aux États-Unis. Avant de d’ouvrir sa propre agence aux Pays-Bas, il a travaillé près de dix ans à l'Office for Metropolitan Architecture (OMA) de Rem Koolhaas. Adeyemi travaille actuellement sur un projet urbain lacustre au Nigéria, Makoko Floating School.

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Romarick ATOKE | AFRIKArchi

 

 

 

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Architectes: Kéré Architecture (Diébédo Francis Kéré) 

La construction du Centre de l'Architecture de Terre vient parfaire les activités de l'AKTC à Mopti après la restauration de la mosquée et la construction d'un nouveau système d'assainissement. Le terrain a été remblayé au bord d'un lac. ce qui a fait que la rive du lac a été faite accessible au public.

Le programme lui-même répond tous les deux aux besoins de la communauté de quartier Komoguel ainsi qu'aux visiteurs des installations culturelles du quartier.

 

Contexte urbain et volumétrique :

Du haut du barrage le site et le projet se situent dans le même axe que celui de la mosquée. La construction est bien structurée et sa hauteur s'adapte au tissu existant sans mettre en entrave la vue sur la mosquée. Le centre de présentation, selon le programme, est divisé dans trois bâtiments différents qui sont connectées par deux toitures.

Les murs et les voûtes en berceau sont construits avec des BTC (des blocs de terre compressés) ce qui est très approprié aux conditions climatiques pour leur inertie thermique. Cela garantit donc des températures intérieures confortables.

 

 

 

 

Le toit détaché limite l'ensoleillement sur les murs et fournit des espaces extérieurs de qualité. Les ouvertures de ventilation dans les murs et les voûtes assurent un flux naturel d'air. Ainsi, l'isolation du bâtiment se fait sans énergie additionnelle. L'aspect paysager inclut de larges espaces publics et un front de lac au-dessus du barrage.

 

 

Cette réalisation est le résultat de la coopération établie entre le Ministère de la Culture, la Municipalité de Mopti et le Trust Aga Khan pour la Culture. Suite à la restauration de la grande mosquée de Komoguel inaugurée en 2008, ont été réalisés à Mopti l’assainissement d’une partie significative du quartier de Komoguel et le pavage des rues, afin d’améliorer les conditions de vie des habitants.

 

 

Diébédo Francis Kéré

Natif de Gando dans la province du Boulgou, Francis Diébédo Kéré fait partie de cette génération d'architectes africains qui exercent au sein de plusieurs mondes culturels, plusieurs géographies. Son parcours l'a mené du Burkina Faso, où il a grandi et fut charpentier, à l'Allemagne où il est devenu architecte. Aujourd'hui, depuis son agence installée à Berlin qui réunit huit personnes, il construit non seulement au Burkina mais en Suisse, au Mali, en Chine, au Togo ou en Espagne : Il collabore actuellement avec le metteur en scène Christoph Schlingensief au projet Festspielhaus Afrika. Une salle d'opéra qui est construite à quelques kilomètres de Ouagadougou, plus précisément à Loango. Il a remis les clés pour l´inauguration du musée de l´architecture en terre de Mopti. Il a mené de mains de maître le projet de construction du parc national du Mali à Bamako. Il a inauguré récemment au Togo, le Centre de formation de Dapaong qui est en chantier depuis l’automne 2010. Au Yémen, un prototype de bâtiment scolaire fondé sur des critères bioclimatiques fût déjà réalisé.

 

Source : archi-mag.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Arc en rêve, centre d'architecture à Bordeaux, porte bien son nom avec l'exposition “Bridging the gap“ des œuvres réalisées par l'architecte du Burkinabé, Diébédo Francis Kéré. (http://www.kerearchitecture.com )

En conférence le jeudi 13 Décembre 2012 à Bordeaux, il fut longuement applaudi par un public bordelais venu très nombreux. L'homme a le sens du théâtre, n'a pas son pareil pour émouvoir son public et conter l'histoire de son village Gando, aujourd'hui mondialement connue des revues d'architecture.

 

 

 

80% de la population du Burkina Faso est analphabète, explique-il. Né en 1965, fils d'un chef de village, il aura le privilège d'aller à l'école, En fait d'école, des cabanons avec des toits en tôle ondulée ou il fait très chaud l'été, les classes sont surpeuplées, il explique y avoir trouvé sa vocation de construire une école digne de ce nom pour son village. La bas règne l'autosuffisance, on copie inlassablement ce qui a déjà été fait, même si la saison des pluies ruine en quelques heures un travail mille fois répétés. Sans argent pas question d'entretenir, ni le temps d'imaginer autre chose. Les rêves s'arrêtent alors à vouloir imiter ce que fait l'occident.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fait des études de charpentier, puis est recruté par une ONG allemande BMZ, ce qui lui permet d'obtenir une bourse pour poursuivre des études secondaires en Allemagne, puis s'inscrire en architecture. Il y apprend les principes d'éco-construction, et fonde une association pour récolter des fonds. Rentré au Burkina Faso, il doit d'abord gagner la confiance de son propre village, bousculer les certitudes. Sans argent mais pas sans bonne volonté, une fois qu'un projet est accepté par le chef du village, tous le village vient y participer.

 

Ici pratiquement pas d'argent pour acheter des matériaux, pas de moyen de transport, tous les matériaux doivent provenir de moins de 600 mètres du lieu de construction. Alors cela sera la terre, matériau jugé archaïque, localement, au profit de ce qui se fait en Europe et particulièrement en France. L'homme est un conteur et saura encore convaincre son village, mais pas n'importe quelle terre, la saison des pluies ravine le sol laissant découvrir la latérite, terre stérile mais facilement modulable  doté d'une machine manuelle à fabriquer des briques de terre, l'ouvrage peut commencer avec ce matériau ici inépuisable et gratuit, mais fastidieux à préparer.

 

Un large toit protège les murs de terre, et surtout, surélevé des murs, par une fine ossature en fer à béton soudé, permet la circulation de l'air et ainsi ventile naturellement les volumes intérieurs. La première école prend forme, et tient parfaitement debout, mais à cela s'ajoute une justesse formelle, particulièrement émouvante ici, avec si peu de moyens.

 

« Il n'y a pas d'innovation si vous faites ce que l'on vous dit de faire. », D. Francis Kéré 

 

Une fois finie cette première école, s'ensuit des logements pour les enseignants, puis une extension, puis les commandes s'enchaînent. Diébédo Francis Kéré ne reste cependant pas dans son village mais installe son agence à Berlin, et se retrouve aujourd'hui entouré de neuf personnes.

Remarqué, il va enchainer les reconnaissances internationales dont ; l'aga Khan Award for architecture en 2004, le Global Award for sustainable architecture en 2009, le Global Holcim Award 2012 Gold, et d'autres. Il enseigne à Harvard et passe son temps dans les avions comme une star de l'architecture mais sans en avoir les moyens.

 

Les besoins sont immenses, Il n'est qu'une goutte d'eau dans un océan d'urgences insatisfaites, d'où le titre de l'exposition “ Bridging the Gap “, jeter un pont. Il a ouvert le champ des possibles, mais son rêve maintenant c'est que la transmission de ce savoir-faire qu'il a inventé, aille aux futurs architectes du Burkina Faso. Mais ici, pas d'écoles d'architecture, c'est un mirage encore inaccessible. La tâche qu'il a réalisé est immense, mais celle qui reste à faire l'est encore plus. Emouvant !

 

Source : archicool.com - Photos © archicool & F.kéré

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