Le Baobab Urbain est un projet novateur et ambitieux dans la construction de l’Afrique de demain.


 
En effet, il offre une réponse aux problématiques liées à la question du logement par le biais de la recherche de nouveaux modèles urbains, dédiés et adaptés au mode de vie africain, notamment dans sa partie sub-saharienne.

Il s’inscrit à la croisée de plusieurs enjeux : urbains d’abord, par la volonté de mixité programmatique, l’assemblage de trois éléments d’urbanité : un équipement public, ouvert et structurant dans la ville, une infirmerie, répondant à un enjeu de santé, et un espace public qualitatif, unifiant et reliant les deux ensembles. Sociaux ensuite, puisque le projet a été conçu en fonction des modes de vie et des traditions locales. Environnementaux également, car le projet intègre la régulation climatique fort nécessaire sur le site du projet, par le biais d’un travail sur la ventilation mais également de la toiture métallique qui donne son identité au projet. Celle-ci, complétée par des panneaux photovoltaïques, vise l’autonomie énergétique de l’ensemble. Enfin, l’usage des matériaux locaux a pour vocation d’agir localement, de perpétuer et de remettre au goût du jour des pratiques et des usages constructifs tout en permettant à l’édifice de se fondre dans son environnement.

C’est par le biais de ces enjeux que ce projet revêt une dimension innovante et novatrice pour l’Afrique. C’est également dans ce cadre, qu’avec la collaboration des lauréats du projet, AFRIKArchi s’est lancée dans l’étude d’une réalisation possible du projet sur le site de Ouagadougou.

La viabilité et la faisabilité technique étant désormais prouvée, il ne reste plus que votre soutien financier pour réaliser ce projet qui, assurément, deviendra lui aussi un motif de fierté africaine.
 

 

 

 

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Arc en rêve, centre d'architecture à Bordeaux, porte bien son nom avec l'exposition “Bridging the gap“ des œuvres réalisées par l'architecte du Burkinabé, Diébédo Francis Kéré. (http://www.kerearchitecture.com )

En conférence le jeudi 13 Décembre 2012 à Bordeaux, il fut longuement applaudi par un public bordelais venu très nombreux. L'homme a le sens du théâtre, n'a pas son pareil pour émouvoir son public et conter l'histoire de son village Gando, aujourd'hui mondialement connue des revues d'architecture.

 

 

 

80% de la population du Burkina Faso est analphabète, explique-il. Né en 1965, fils d'un chef de village, il aura le privilège d'aller à l'école, En fait d'école, des cabanons avec des toits en tôle ondulée ou il fait très chaud l'été, les classes sont surpeuplées, il explique y avoir trouvé sa vocation de construire une école digne de ce nom pour son village. La bas règne l'autosuffisance, on copie inlassablement ce qui a déjà été fait, même si la saison des pluies ruine en quelques heures un travail mille fois répétés. Sans argent pas question d'entretenir, ni le temps d'imaginer autre chose. Les rêves s'arrêtent alors à vouloir imiter ce que fait l'occident.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fait des études de charpentier, puis est recruté par une ONG allemande BMZ, ce qui lui permet d'obtenir une bourse pour poursuivre des études secondaires en Allemagne, puis s'inscrire en architecture. Il y apprend les principes d'éco-construction, et fonde une association pour récolter des fonds. Rentré au Burkina Faso, il doit d'abord gagner la confiance de son propre village, bousculer les certitudes. Sans argent mais pas sans bonne volonté, une fois qu'un projet est accepté par le chef du village, tous le village vient y participer.

 

Ici pratiquement pas d'argent pour acheter des matériaux, pas de moyen de transport, tous les matériaux doivent provenir de moins de 600 mètres du lieu de construction. Alors cela sera la terre, matériau jugé archaïque, localement, au profit de ce qui se fait en Europe et particulièrement en France. L'homme est un conteur et saura encore convaincre son village, mais pas n'importe quelle terre, la saison des pluies ravine le sol laissant découvrir la latérite, terre stérile mais facilement modulable  doté d'une machine manuelle à fabriquer des briques de terre, l'ouvrage peut commencer avec ce matériau ici inépuisable et gratuit, mais fastidieux à préparer.

 

Un large toit protège les murs de terre, et surtout, surélevé des murs, par une fine ossature en fer à béton soudé, permet la circulation de l'air et ainsi ventile naturellement les volumes intérieurs. La première école prend forme, et tient parfaitement debout, mais à cela s'ajoute une justesse formelle, particulièrement émouvante ici, avec si peu de moyens.

 

« Il n'y a pas d'innovation si vous faites ce que l'on vous dit de faire. », D. Francis Kéré 

 

Une fois finie cette première école, s'ensuit des logements pour les enseignants, puis une extension, puis les commandes s'enchaînent. Diébédo Francis Kéré ne reste cependant pas dans son village mais installe son agence à Berlin, et se retrouve aujourd'hui entouré de neuf personnes.

Remarqué, il va enchainer les reconnaissances internationales dont ; l'aga Khan Award for architecture en 2004, le Global Award for sustainable architecture en 2009, le Global Holcim Award 2012 Gold, et d'autres. Il enseigne à Harvard et passe son temps dans les avions comme une star de l'architecture mais sans en avoir les moyens.

 

Les besoins sont immenses, Il n'est qu'une goutte d'eau dans un océan d'urgences insatisfaites, d'où le titre de l'exposition “ Bridging the Gap “, jeter un pont. Il a ouvert le champ des possibles, mais son rêve maintenant c'est que la transmission de ce savoir-faire qu'il a inventé, aille aux futurs architectes du Burkina Faso. Mais ici, pas d'écoles d'architecture, c'est un mirage encore inaccessible. La tâche qu'il a réalisé est immense, mais celle qui reste à faire l'est encore plus. Emouvant !

 

Source : archicool.com - Photos © archicool & F.kéré

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