Dans le cadre du projet « Une industrie culturelle en développement : l’architecture en terre », un programme ACP-UE d’appui au secteur culturel ACP « PAS DE FUTUR SANS CULTURE », programme du Groupe des États ACP financé par l’Union Européenne, le CISP, demandeur du projet, a organisé un concours d’idées international pour le pavillon de l’architecture en terre au Musée National Boubou Hama afin d’en assurer la visibilité et la médiatisation internationale.

L’objet du concours d’idées était de récompenser une proposition pour le pavillon de l’architecture en terre offrant un témoignage vivant de l’architecture en terre contemporaine et étalant les possibilités offertes par les techniques de construction en matériaux locaux et plus particulièrement la terre. Ce concours d’idées, ouvert  à des professionnels de la construction, enseignants, étudiants et stagiaires en architecture, a offert une occasion unique de se pencher sur la construction en terre au Niger.

 

Du 13 mars 2013 au 13 mai 2013, 62 inscriptions ont été enregistrées. Le 15 mai 2013, 34 projets ont été reçus et 33 projets ont été retenus par le comité de conformité des offres. Les projets sont en provenance de 18 pays différents : Algérie, Allemagne, Belgique, Bénin, Brésil, Bulgarie, Espagne, France, Grèce, Guatemala, Lituanie, Mali, Maroc, Niger, Nigéria, Sénégal, Togo, Tunisie.

 

Durant les mois de juin et juillet 2013, le jury s’est penché sur les propositions. Les idées étant d’une exceptionnelle qualité, le jury a finalement remis ses notes et nous sommes heureux de vous annoncer le palmarès suivant :

 

C’est l’équipe B au carré, composée de Abiola Akandé Yayi et Robert Soares de Lima, qui remporte le concours d’idées international pour le pavillon de l’architecture en terre au Musée National Boubou Hama à Niamey, Niger avec son projet « Les pieds sur terre ».

 

 

La liste des 10 premiers lauréats :

 

1ere place :

l’équipe B au Carré avec le projet « Les pieds sur terre » ;

2e place :

l’équipe BC-AS et Hanne avec le projet « Sama & Kasa » ;

3ème place :

l’équipe Atelier 970 – Architectes avec le projet : « Concours d’idées pour la construction d’un pavillon de l’architecture en terre » ;

4ème place :

Claire Guyet avec le projet : « Au-dessus, sur et dans la terre » ;

5ème place :

Marwan Yacef avec le projet : « Concours d’idées construction d’un pavillon de l’architecture en terre musée national Boubou Hama à Niamey » ;

6ème place :

l’équipe « Antre_Guillemets » avec le projet : « Jeux d’ombre » ;

7ème place :

l’équipe ALMN architectes avec le projet : « Terre à terre » ;

8ème place :

l’équipe LY avec le projet : « Le pavillon de l’architecture en terre » ;

9ème place :

l’équipe Terra Nova avec le projet : « Terra Nova » ;

10ème    place :

NBO architecte avec le projet : « Concours d’idées ».

 

 

Les propositions des 10 premiers lauréats seront publiées sur le site internet et la page Facebook du projet ainsi que lors d’une exposition dans le futur pavillon de l’architecture en terre qui sera construit au Musée National Boubou Hama à Niamey, Niger. Avant de pouvoir être publiées, les œuvres produites seront enregistrées par le CISP au dépôt légal nigérien conformément aux articles 1, 4, 5, 6, 7 et 8 de la Loi 2003-15 du 09 avril 2003.

 

L’inauguration du pavillon de l’architecture en terre se tiendra pendant le colloque international « La semaine de l’architecture en terre » qui aura lieu du 12 au 16 mai 2013 à Niamey en présence du mandataire de l’équipe gagnante du concours d’idées international.

 

L’équipe du CISP Niger remercie tous les participants pour leurs idées ainsi que pour l’intérêt qu’ils portent à ce projet, plus particulièrement à l’architecture en terre au Niger.

 

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Source : terredafriqueetarchitecture

 

 

 

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La terre crue est utilisée pour les constructions depuis des millénaires dans le monde entier. Aujourd’hui encore, un tiers de la population mondiale vit dans une maison en banco. Au Sahel, la terre répond parfaitement aux besoins des habitants, pourtant elle souffre d’une mauvaise image. Pour montrer que cette technique ancestrale est toujours pertinente, une ONG italienne basée à Niamey, le CISP, a lancé un projet de promotion de la terre.

 

Photo  ©  Gustave Deghilage

 

Les premières traces de construction en terre, retrouvées en Mésopotamie, ont 10 000 ans. Au Sahel, les mosquées de Djenné et d’Agadez sont parmi les plus beaux exemples de cette tradition séculaire. La terre est utilisée par une grande partie de la population du Sahel, mais elle est parfois perçue comme pauvre. Ceux qui ont les moyens de construire en béton s’en détournent. 

Pourtant, par ses propriétés et sa très grande disponibilité, le banco répond aux enjeux du Sahel : extrême chaleur, rareté du bois et manque de moyens. Convaincues de la modernité de ce type de construction, une architecte belge, Odile Vandermeeren, et une archéologue italienne, Marta Abbado, installées à Niamey, ont lancé un projet de promotion de l’architecture en terre sur deux ans. 

Le CISP, avec des ONG ouest-africaines, la ville de Niamey et le gouvernement du Niger, va réaliser un inventaire des savoir-faire du pays. Grâce au financement des pays ACP et de l’Union européenne, des prototypes de maisons et de bâtiments collectifs seront réalisés avec des architectes nigériens. Le Musée national se verra doté d’un pavillon de l’architecture en terre et en 2014, Niamey accueillera un colloque international sur ce thème.

 

Le banco : un matériau parfaitement adapté au Sahel 

Au Niger, en saison chaude, la température peut atteindre 50 degrés Celsius. La terre crue possède une bonne inertie thermique : elle se réchauffe moins vite que d’autres matériaux. Pour le constater, il suffit d’entrer dans la maison de Boubacar Assoumane, formateur pour l’Association nigérienne de construction sans bois. Il vit avec sa famille dans une maison en banco depuis dix ans. « On est toujours bien. Quand il fait chaud à l’extérieur, il fait frais à l’intérieur. Je n’utilise jamais de climatiseur, sourit-il. Alors que dans une maison en tôle ou en béton, c’est invivable, il faut toujours être dehors. » 

Ce confort thermique n’est pas un luxe, il répond à une réalité économique. « A Niamey, la majorité des habitants n’a pas l’électricité », rappelle Marta Abbado, chef du projet pour le CISP. « C’est un énorme changement de comportement pour une famille de pouvoir dormir à l’intérieur dans une ville bruyante ou dans une zone où il y a beaucoup de moustiques et donc de risques de paludisme. » 

Le banco est disponible presque partout sur le territoire nigérien, ajoute Adam Abdou, directeur général du développement et de la prospective à la ville de Niamey. « Or, nous devons faire face à une explosion démographique avec des moyens limités. Qui dit grande disponibilité dit faible coût : nous n’avons pas à importer des matériaux chers. De plus, c’est une technique de construction qui réduit l’utilisation du bois et comme tous les pays du Sahel, nous sommes touchés par la désertification. »

                                                      

Sur le chantier de la maison d’hôte d’Odile Dayak, dans le quartier Terminus, à Niamey. Photo  ©  Marta Abbado & Gustave Deghilage

 

Redonner une image moderne à l’architecture en terre 

Associant le béton à la promotion sociale, de nombreux investisseurs, quand ils le peuvent, préfèrent les matériaux importés au banco. 

« Il faut montrer l’exemple, défend l’architecte Omar Bembello, ceux qui ont les moyens de choisir doivent aller vers la terre. » Une idée reprise par Adam Abdou : « je ne peux pas encourager les gens à construire en terre si, moi-même, je vis et travaille dans des bâtiments en parpaings. » Peut-on imaginer des logements de fonctionnaires en terre ? « Bien sûr, répond Elhaj Abdou Ali, du ministère nigérien du Logement. Les ministres de ce pays sont presque tous nés dans des maisons en terre ! »

« Nous voulons montrer que la terre, c’est très moderne », explique Marta Abbado « On peut combiner plusieurs matériaux. En ajoutant au banco un peu de ciment ou en utilisant des briques de terre stabilisée (un mélange de latérite et de ciment, Ndlr), on peut atteindre trois étages sans problème. » 

Le projet du CISP vise à constituer une véritable filière pour que ceux qui veulent construire en terre trouvent désormais facilement un cabinet d’architectes, un maître d’œuvre, des maçons… « Il y a beaucoup de professionnels convaincus et motivés », souligne Odile Vandermeeren qui organise déjà depuis un an des rencontres sur le sujet. 

En plein cœur de Niamey, dans le quartier terminus, des centaines de briques rouges et brunes sèchent au soleil. Une vingtaine de maçons travaillent sur le chantier d’une maison d’hôtes. Trois bâtiments, un étage et une terrasse. Le responsable du chantier Mouloul Amoumoune n’est pas surpris. A Agadez, d’où il vient, la terre est une évidence. La mosquée date de 1515 et elle est toujours debout.

 

 

 

 

Source : rfi.fr | Amélie Tulet 

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Architectes: Kéré Architecture (Diébédo Francis Kéré) 

La construction du Centre de l'Architecture de Terre vient parfaire les activités de l'AKTC à Mopti après la restauration de la mosquée et la construction d'un nouveau système d'assainissement. Le terrain a été remblayé au bord d'un lac. ce qui a fait que la rive du lac a été faite accessible au public.

Le programme lui-même répond tous les deux aux besoins de la communauté de quartier Komoguel ainsi qu'aux visiteurs des installations culturelles du quartier.

 

Contexte urbain et volumétrique :

Du haut du barrage le site et le projet se situent dans le même axe que celui de la mosquée. La construction est bien structurée et sa hauteur s'adapte au tissu existant sans mettre en entrave la vue sur la mosquée. Le centre de présentation, selon le programme, est divisé dans trois bâtiments différents qui sont connectées par deux toitures.

Les murs et les voûtes en berceau sont construits avec des BTC (des blocs de terre compressés) ce qui est très approprié aux conditions climatiques pour leur inertie thermique. Cela garantit donc des températures intérieures confortables.

 

 

 

 

Le toit détaché limite l'ensoleillement sur les murs et fournit des espaces extérieurs de qualité. Les ouvertures de ventilation dans les murs et les voûtes assurent un flux naturel d'air. Ainsi, l'isolation du bâtiment se fait sans énergie additionnelle. L'aspect paysager inclut de larges espaces publics et un front de lac au-dessus du barrage.

 

 

Cette réalisation est le résultat de la coopération établie entre le Ministère de la Culture, la Municipalité de Mopti et le Trust Aga Khan pour la Culture. Suite à la restauration de la grande mosquée de Komoguel inaugurée en 2008, ont été réalisés à Mopti l’assainissement d’une partie significative du quartier de Komoguel et le pavage des rues, afin d’améliorer les conditions de vie des habitants.

 

 

Diébédo Francis Kéré

Natif de Gando dans la province du Boulgou, Francis Diébédo Kéré fait partie de cette génération d'architectes africains qui exercent au sein de plusieurs mondes culturels, plusieurs géographies. Son parcours l'a mené du Burkina Faso, où il a grandi et fut charpentier, à l'Allemagne où il est devenu architecte. Aujourd'hui, depuis son agence installée à Berlin qui réunit huit personnes, il construit non seulement au Burkina mais en Suisse, au Mali, en Chine, au Togo ou en Espagne : Il collabore actuellement avec le metteur en scène Christoph Schlingensief au projet Festspielhaus Afrika. Une salle d'opéra qui est construite à quelques kilomètres de Ouagadougou, plus précisément à Loango. Il a remis les clés pour l´inauguration du musée de l´architecture en terre de Mopti. Il a mené de mains de maître le projet de construction du parc national du Mali à Bamako. Il a inauguré récemment au Togo, le Centre de formation de Dapaong qui est en chantier depuis l’automne 2010. Au Yémen, un prototype de bâtiment scolaire fondé sur des critères bioclimatiques fût déjà réalisé.

 

Source : archi-mag.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le colloque sur l’architecture de terre du patrimoine mondial a eu lieu au siège de l'UENSCO à Paris du 17 au 18 Décembre 2012. Il a réuni un panel international d’experts en conservation de l’architecture de terre, des gestionnaires de sites, des chercheurs et des institutions spécialisées. Ce colloque a été organisé dans le cadre du Programme pour l’architecture de terre(WHEAP) du Centre du patrimoine mondial en étroite collaboration avec CRATerre-ENSAG, le Centre international pour l’architecture de terre (Ecole d’architecture de Grenoble, France).

 © AFRIKArchi 

Durant ces 2 jours, ces acteurs venus du monde entier ont partagé des connaissances et expériences acquises dans le domaine de l'architecture de terre. Les principaux sujets de cet évènement étaient les études de cas des régions inscrites sur la liste du patrimoine mondial (Goa, Santa Ana de los Ríos de Cuenca, Ksar d’Aït-Ben-Haddou, Maroc, Djenné, Abomey, et autres), les études de cas de sites archéologiques (les Ruines de Loropéni du Burkina Faso ; le Site archéologique de Joya de Cerén en El Salvador ; le Parc national de Mesa Verde aux Etats-Unis ; le Site néolithique de Çatal Höyük en Turquie, et autres), les études de cas de paysages culturels (les Falaises de Biandagara au Mali et Tulou du Fujian en Chine), l'architecture de terre dans des situations de conflit armé et de post-conflit notamment le cas du Mali, l'architecture de terre et des catastrophes naturelles (la vallée du M’Zab en Algérie, les Palais royaux d’Abomey au Bénin, de Bam et ses paysages culturels en Iran).

Il a été aussi question de l'architecture de terre contemporaine et de l’héritage d’Hassan Fathy, l’architecte égyptien qui a montré au monde que ce type de construction durable était compatible avec des méthodes modernes. Plusieurs présentations et débats ont été animé par le Fonds mondial pour les monuments et plusieurs dizaines d'experts venus des pays tels que des Etats-Unis, l’Egypte, l’Italie, le Bénin, la Chine, le Nigéria,  ainsi que les experts du Centre algérien du patrimoine culturel bâti en terre, de CRATerre-ENSAG, du Getty Conservation Institute.

Une exposition sur l’architecture de terre, rendue possible grâce au soutien financier du gouvernement italien et une contribution de l’ENSAG/Labex AE&CC, a été inaugurée à l’UNESCO dans le cadre de cet évènement.

 © AFRIKArchi - M. Thierry Joffroy, CRATerre / Responsable scientifique et technique du Labex AE&CC

A l'issue de ce colloque qui a été plus que satisfaisant, plusieurs décisions et engagements ont été pris pour sauvegarder et promouvoir l'architecture de terre partout dans le monde. On aura le temps de voir le résultat que donneraient ces décisions avant le prochain évènement mondial de l'architecture de terre, Terra 2016, qui se tiendra dans la ville de Lyon, France. Ce Congrès mondial TERRA, qui a lieu tous les trois à cinq ans environ sera organisé par CRATerre.

 © AFRIKArchi - De gauche à droite : M. Romarick ATOKE, Pr AFRIKArchi / M. Fallo Baba KEITA, Directeur de l'Ecole du

Patrimoine Africain (Bénin) / Mlle Myriam Lamouni, Membre AFRIKArchi

 

 

 

 

Romarick ATOKE | AFRIKArchi  

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