Vous souhaitez savoir toutes les actions que l'Association AFRIKArchi a réalisé courant cette dernière année!? Lisez donc ce rapport d'activités 2012-2013. Retrouvez-y toutes nos activités réalisées et celles à venir.
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AFRIKArchi lance la deuxième édition du Concours ARCHIGENIEUR AFRIQUE.

Ce concours est né de la volonté de soutenir et d’amplifier l’enseignement de l’Architecture, de l’Urbanisme et du Génie-Civil en Afrique, de faire naître et diffuser une image positive et dynamique des matériaux locaux africains utilisés dans la construction, de cultiver l’inspiration et la créativité, de donner aux étudiants l’opportunité de découvrir et d’apprécier les multiples possibilités architecturales et techniques.

Cette deuxième édition du concours est ouvert aux étudiants africains et de la diaspora africaine, inscrits dans des écoles et universités, ainsi qu’aux jeunes professionnels diplômés entre 2010 et 2013. Les candidats pourront participer seuls ou en équipe de quatre, maximum. Compte tenu des enjeux multiples dont regorge le concours, il s’annonce à nouveau un motif de fierté Africaine. Par ce concours, l'association ambitionne d’encourager, stimuler et récompenser la créativité et l’inventivité des talents africains d’aujourd’hui et de demain.

Pour cette deuxième édition, il est demandé aux participants de « concevoir ou réhabiliter un marché en milieu urbain en Afrique ». D'après les organisateurs, le choix de ce sujet est lié aux multiples enjeux que peut revêtir un tel programme du point de vue des relations sociales, des flux et de la mobilité, de la gestion des stocks, de l’hygiène, ou encore des enjeux environnementaux.

Une conférence de presse est prévue le vendredi 13 septembre 2013 à La Cité de l’Architecture et du Patrimoine - Palais de Chaillot à Paris, puis le lancement est prévu le mardi 1er octobre 2013. Les participants pourront s’inscrire à partir le 15 Juillet jusqu’au 30 Novembre 2013 sur le réseau professionnel et social de l’association, AFRIKArchi Network, www.afrikarchi.com/afrikarchinetwork.

La date limite de rendu des projets est le vendredi 31 janvier 2014 à minuit.

 

 

Pour toutes informations relatives au concours, contactez AFRIKArchi par courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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John Magufuli, Ministre tanzanien des TP, Gaudencia Kabaka, son homologue du travail & de l’emploi, ont assisté à Dar es Salaam, à la signature du contrat de construction du pont sur la rivière Kigamboni, par Dau Ramadhan, DG de la CNSS et Shi Yuan, PDG de China Railways Construction Engineering Group et Zhou Yiqiao, Représentant de la compagnie Major Bridge Engineering. 

Le projet d’un coût de 214,639 milliards de shilling sera réalisé par le Groupe China Railways dans la partie génie et par la société chinoise Major Bridge Engineering, maître d’ouvrage. Si l’on en croit les responsables, l’ouvrage d’art sera livré dans un délai de 36 mois. A terme, le pont à haubans soutiendra une route goudronnée de 1,5 km avec 6 voies.

A noter la CNSS va endosser 60% du coût de construction, tandis que le reste sera financé par le gouvernement tanzanien, pour ce chantier programmé depuis 1977.

 

Source : novafrica-developments.net

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AFRIKArchi présente le Mercredi 15 Mai 2013 à 18h30 à Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris la Villette | Amphi 11, la 1ère édition de ses conférences "AFRIKonférences", et dont le thème est " Quel aménagement urbain pour les villes africaines ? ".

Sont attendus à cette AFRIKonférence un panel d'experts et professionnels des domaines tels que l'architecture, l'urbanisme, les énergies renouvelables et développement durable, le droit et investissement immobilier.

On peut citer :

- Denis TARGOWLA - Architecte Paysagiste | Responsable d'Atelier aux Beaux Arts de Paris            

Mahmoud KELDI - Architecte Urbaniste | Fondateur de l'Agence KELDI Architectes

Landry SIMO - Diplomé de Droit et de Science Politique | Doctorant

Lagassane OUATTARA - Diplômé en Finance et Stratégie, IEP Paris | Analyste Financier.

Cette AFRIKonférence sera animée par Emmanuel AMOUGOU | Sociologue, Enseignant à l’ENSA Paris La Villette

Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris la Villette | Amphi 11
144 Avenue de Flandre 75019 Paris - France

Pour s'inscrire et obtenir son billet, cliquez ici

 

 

 

 

 

 

 

 

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Arc en rêve | Centre d'Architecture organise une rencontre consacrée à la condition urbaine en Afrique dans la mondialisation. Sous forme de conférences et tables rondes, il s'agira de déconstruire les idées reçues sur la ville en Afrique, et montrer comment les pratiques urbaines informelles s'articulent avec la globalisation, et génèrent des nouvelles formes culturelles singulières, et innovantes.
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L’analyse des institutions juridiques et économiques est devenue très populaire pour mieux comprendre les ressorts du développement. Une des institutions que l’on considère comme cruciale pour le développement durable est le droit de propriété. Au Bénin, le gouvernement a implémenté des changements juridiques et institutionnels pour en faciliter la protection. Après une dizaine d’années et des millions d’euros dépensés, une analyse s’impose.

Au Bénin, le gouvernement a implémenté des changements juridiques et institutionnels pour en faciliter la protection. Après une dizaine d’années et des millions d’euros dépensés, une analyse s’impose. | Crédits Photo : Mondoblog/Bujachangement

 

Les droits de propriété sont essentiels à la création de richesses. En précisant « qui possède quoi », les droits de propriétés stables et protégés permettent l’émergence d’un marché foncier sécurisé dans lequel l’immobilier devient un véritable « capital », facilitent l’accès aux crédits et protègent les paysans contre les tentatives d’accaparement des terres, améliorent la position des femmes dans la société agricole, mettent fin aux conflits entre villageois et augmentent la production agricole (avec l’augmentation des superficies emblavées et de la productivité) .

Le gouvernement béninois a bien compris l’importance de cette institution et a fait tout son possible pour transposer le droit de propriété moderne dans la société béninoise. Sa stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté (SCRP) soutient « un grand flux d’investissements visant à mettre en valeur les potentialités des différentes régions et localités. La durabilité et la sécurisation de ces investissements exigent, de la part du gouvernement la réforme du secteur foncier ».

En premier lieu la constitution a été modifiée, puis en 2007 une nouvelle loi des fonciers a été créé et actuellement un code foncier est en cours d’élaboration.  Avec la collaboration de plusieurs partenaires des Etats-Unis et d’Allemagne, des plans fonciers ruraux (PFR) ont été réalisé dans 300 communes. Ces plans fonciers ont résulté en des certificats de propriété officiels pour des milliers de paysans. On peut dire que dans ces communes les droits informels de propriété ont été formalisés.

Peut-on espérer une augmentation de la production agricole dans ces communes ? Malheureusement, le monde n’est pas si simple. Le projet avec des partenaires des Etats Unis et d’Allemagne a durée plus de quatre ans, mais à la fin de cette période la situation foncière ne s’était pas du tout améliorée. Que s’est-il passé ?

Les communes rurales au Bénin, qui sont organisées par le droit coutumier, ont rejeté tous les modalités du droit moderne. Il semblerait que les institutions traditionnelles et les institutions modernes et transposées ne soient pas compatibles. Les transactions coutumières sont plutôt orales et la société agricole n’accepte pas l’autorité des certificats fonciers. Les paysans ont continué à faire des transactions foncières selon le droit coutumier sans utiliser les certificats officiels et sans procédure écrite. Le résultat est que les plans fonciers officiels ne sont plus à jour et deviennent superflus. L’insécurité foncière est même augmentée, puisque désormais non seulement les droits écrits/modernes, mais aussi les droits coutumiers/anciens manquent de validité générale.

En outre, les autorités nommées par l’État pour organiser et contrôler les transactions foncières ne sont pas acceptées dans les communes rurales, où l’autorité au niveau des fonciers est représenté par le « chef de terre », qui est une autorité ancienne et  étroitement liée avec la culture vaudou. Le pouvoir du maire, un officiel sous l’autorité directe de l’État, n’est pas reconnu par les populations. En conséquence, les conflits ne sont pas rapportés au maire mais au chef de terre, qui n’inclut pas de certificats officiels dans son jugement. On constate que, comme pour le niveau juridique, on a créé des institutions parallèles et incompatibles au niveau du pouvoir. Une telle situation augmente des conflits et diminue la productivité et la création de richesse.

On a en réalité transplanté une boîte vide, une façade institutionnelle : il est très facile de transposer des règles modernes au niveau central d’un pays mais si cette transposition n’est pas conforme aux coutumes et institutions « décentralisées », il est impossible d’atteindre des changements réels au niveau social ou économique. Des institutions juridiques, économiques ou politiques ne sont pas de grande valeur quand elles ne déterminent pas les interactions décentralisées. Il est nécessaire de les conformer aux usages et à la connaissance au niveau décentralisé. Il n’est pas possible de faire cette connexion avec l’implémentation des lois européennes dans des sociétés africaines.

Le même problème est observable avec plusieurs transpositions institutionnelles : les fonciers, la démocratie, le droit social, le système fiscal, le droit des personnes et familles, etc. Il s’agit de l’erreur inévitable lorsque l’on essaie de régler « par le haut » des interactions qui sont (par définition) trop diverses pour une organisation centralisée.

Il est d’autant plus décourageant de réaliser que ces erreurs sont le résultat logique de la politique de développement dominante en ce moment. Après la « déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide (2005) » chaque pays en développement est obligé de créer une stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté (SCRP) – un plan central sur tous les enjeux et défis au niveau de développement. Le seul fait de son centralisme empêche cette stratégie d’incorporer des nuances et coutumes décentralisées, qui sont la base de toutes les interactions économiques et sociales. De cette manière le sophisme du top down est institutionnalisé.

Cela ne signifie pas que toutes ces coutumes décentralisées sont désirables, mais il faut comprendre qu’elles doivent être un point de départ pour les politiques de développement. Sans incorporer ces institutions locales, la machinerie du « développement par le haut » peut seulement perturber les chaînes sociales.

Si on veut accélérer la croissance économique des pays en développement, il est alors nécessaire d’accepter l’impossibilité de simplement transposer dans les sociétés africaines les institutions ayant réussi en Occident et d’abandonner cette politique de transposition au niveau centralisé. Les différences entre les pays, villes, communes, familles et individus doivent être prises en considération, car ce sont ces différences qui contiennent la solution créative aux anomalies institutionnelles, sociales et économiques. Reconnaître ces différences et comprendre leur potentiel prend du temps et une attitude d’humilité, mais il s’agit de la seule possibilité, considérant le fait que suffisamment de temps et d’argent a été perdu au profit des initiatives de transposition au niveau centralisé.

La seule solution – pour vraiment améliorer la situation foncière – est de formaliser des titres fonciers, des transactions foncières et des autorités foncières, de manière conforme au droit coutumier local. Ce processus exige une approche décentralisée, anthropologique et en coopération avec les « autorités » locales traditionnelles. Pour le spécialiste en développement la question doit donc être : « comment  protéger leurs institutions de propriété ? » et non « comment transposer nos règles de propriété ? ». Il faut accepter que, pour trouver des solutions organiques et durables, la connaissance dispersée locale est nécessaire et qu’il n’y a pas une solution ou un code foncier idéal.

Source : Nextafrique.com

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Une étude de la Banque mondiale met en relief les coûts méconnus liés à l’absence ou la défaillance des infrastructures d’assainissement dans 18 pays africains. Ces coûts représentent entre 1 à 2,5% du PIB selon les pays.

L’absence d’infrastructures d’assainissement coûte près de 5,5 milliards de dollars par an à 18 pays africains, selon un rapport publié par le programme Eau et assainissement de la Banque mondiale.

«Les 18 pays africains considérés dans cette étude ont une population totale de 554 millions d’habitants, soit plus de la moitié de la population africaine», a indiqué Jaehyang So, responsable du programme Eau et assainissement.

«Ce constat rappelle aux ministres que leurs pays ne pourront pas se développer durablement sans se pencher sur ces coûts.»

Les impacts économiques liés à l’absence ou la défaillance de système d’assainissement sont lourds: la majorité de ces coûts est liée aux morts prématurées, y compris d’enfants âgés de moins de cinq ans, causées par les maladies diarrhéiques.

Près de 90% de ces morts sont directement imputables à la mauvaise qualité de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène.

Les autres coûts évalués comprennent les pertes de productivité dues à un mauvais assainissement et les pertes de temps liées à la défécation en plein air.

 

Le trou de la défécation en plein air

La défécation en plein air représente à elle seule près de 2 milliards de dollars de pertes annuelles dans ces 18 pays et concerne plus de 114 millions de personnes. Pour remédier complètement à ce problème, il faudrait construire (et utiliser) 23 millions de toilettes.

La défécation en plein air coûte plus par personne que tout autre problème d’assainissement.

Rien que le temps perdu pour trouver un endroit discret pour faire ses besoins entraîne près de 500 millions de dollars de pertes économiques.

«Les femmes représentent une proportion considérable de ce coût en raison du temps qu’elles passent à accompagner de jeunes enfants ou des proches malades ou âgés», souligne la Banque mondiale.

«Les incidences négatives d’un mauvais assainissement susceptibles d’être importantes, mais difficiles et chères à estimer, comprennent les coûts des poussées épidémiques, les pertes de revenus dans le commerce et le tourisme, l’impact sur les ressources en eau de l’évacuation des excréments, et les effets à long terme sur le développement de la petite enfance», commente la Banque mondiale.

Les études nationales montrent que le Bénin perd 104 millions de dollars chaque année à cause des mauvaises conditions sanitaires, une somme équivalente à 12 dollars par personne et par an, ou 1,5 % du PIB national.

Au Bénin, la défécation en plein air coûte au plus de 75 millions de dollars par an. Pourtant, l’élimination de cette pratique nécessiterait la construction et l’usage de moins de 1 million de latrines.

Les pires situations sont peut-être celle du Nigeria où le manque d’équipements sanitaire coûte 3 milliards de dollars par an, ce qui représente 20 dollars par personne et 1,3 % du PIB, et celle du Congo Brazzaville, qui en termes de coût par habitant atteint 35,8 dollars.

Le Rwanda fait partie des pays les mieux lotis, avec un coût de 0,9 % du PIB. Cela s’explique par le fait que seulement 3 % de la population a recours à la défécation en plein air et plus de la moitié à des installations sanitaires améliorées.


 
Couvercles de latrine en béton, Camp de réfugiés d'Okidi à Kitgum, Ouganda10/06/2007, REUTERS/E. Denholm

 Les pauvres payent plus chers

L’étude montre que les coûts d’un mauvais assainissement sont inéquitablement distribués, le fardeau économique le plus lourd pesant disproportionnellement sur les plus pauvres.

«Ce constat plaide immanquablement en faveur de l’augmentation de l’investissement dans l’assainissement et de la suppression des obstacles à l’amélioration des services d’assainissement. Le moment est venu de s’attaquer sans tarder et une fois pour toutes à cette priorité de développement», précise Jamal Saghir, directeur du département développement durable dans la région africaine de la Banque mondiale.

Les investissements dans l’assainissement représentent moins de 0,1 % du PIB de la majorité des pays.

Seuls 5 sur les 18 pays africains considérés investissent entre 0,1 et 0,5 % de leur PIB dans l’assainissement.

Bien que les pays africains se soient engagés à augmenter leurs crédits budgétaires destinés à l’assainissement pour atteindre au moins 0,5 % de leur PIB (Déclaration d’eThekwini, 2008), aucun des 18 pays étudiés n’a à ce jour atteint cet objectif.

Cet article a d'abord été publié sur Marchés Tropicaux & Méditerranéens.

 

Source : slateafrique.com | Sylvie Rantrua

 

 

 

 

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D'ici 2050, 66% de la population des pays en développement vivra dans les zones urbaines, indique la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies.

Alors que le changement climatique contribue à des phénomènes cycliques de sécheresse et d'inondation, bon nombre de pays africains et asiatiques sont confrontés à un exode des populations des zones rurales vers les zones urbaines. Les pays pauvres commencent à répondre à ces déplacements de population. En Afrique, des pays essayent, par exemple, de promouvoir le développement rural afin de freiner la migration des zones rurales vers les zones urbaines.

Le régime militaire arrivé au pouvoir au Brésil dans les années 1960 en avait fait un de ses objectifs. Il a essayé de stimuler l'activité économique dans les zones périphériques et de réduire la migration vers les villes - mais les efforts déployés n'ont pas suffi à dissuader les populations rurales de s'installer dans les centres urbains. Au contraire, ils ont favorisé l'inégalité urbaine : de larges segments de la population se sont retrouvés dans des quartiers informels mal situés et mal desservis, connu sous le nom de favelas.

En 1932, l'ancienne Union soviétique a instauré un passeport intérieur afin de limiter l'accès aux zones urbaines. Sujets aux contrôles, les migrants sans papiers vivaient souvent dans des conditions déplorables.

Les efforts déployés et les échecs enregistrés par les BRICS (le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud) donnent une leçon de politique migratoire au reste des pays en développement, indique un rapport rédigé conjointement par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et l'Institut international pour l'environnement et le développement (IIED).

Les BRICS, qui connaissent l'une des croissances économiques les plus rapides au monde, ont mené toutes sortes d'actions pour répondre à l'urbanisation rapide. Leurs expériences ont mis en lumière les approches à privilégier et à éviter.

Les approches à privilégier

1. Ne pas entraver le déplacement inévitable des populations des zones rurales vers les centres urbains pour y pallier de manière désordonnée par la suite, comme l'ont fait les régimes démocratiques qui se sont succédé au Brésil. Un processus budgétaire participatif a été mis en place par plusieurs municipalités afin de permettre à chaque habitant de donner son avis sur le budget municipal. Cette approche suppose cependant une société civile organisée et des citoyens bien informés, c'est-à-dire des conditions qui sont réunies au fil du temps. « Ces pratiques ont permis de réels progrès, mais les problèmes étaient trop importants pour les résoudre rapidement », note le rapport.

2. Ne pas faire preuve d'indécision face à l'urbanisation. Après la mise en ouvre de la politique d'apartheid par le gouvernement sud-africain, un grand nombre de résidents ont été cantonnés dans des zones délimitées et peu sûres en périphérie des villes. Plus tard, un gouvernement démocratique a décidé d'adopter une position neutre afin d'éviter de reproduire les erreurs du passé, mais cela n'a pas permis de « surmonter les séquelles de la ségrégation urbaine », selon le rapport. Le gouvernement n'a pas de politique nationale cohérente en matière de planification ou de gestion du processus d'urbanisation, ce qui a favorisé le développement d'un sentiment d'hostilité à l'égard des campements informels et des cabanes d'arrière-cour.

L'Inde s'est également montrée indécise face à l'urbanisation et le pays pourrait se trouver en difficulté, alors que 400 millions de personnes vont rejoindre le marché du travail d'ici 2050. Aujourd'hui, les activités liées au secteur agricole font vivre moins de la moitié de la population active, et le secteur ne devrait absorber qu'une petite partie de la population active, ce qui incitera un grand nombre de personnes à aller chercher du travail en ville.

3. Ne pas partir du principe que l'introduction de politiques, de lois et d'institutions municipales créatives est une solution. Ces mesures - qui sont rarement mises en ouvre - ne permettent pas « de mettre à profit le potentiel de l'urbanisation », souligne Ivan Turok, expert en planification urbaine et auteur d'un document de l'IIED sur l'urbanisation en Afrique du Sud. Le vrai défi est de s'assurer que ces politiques - élaborées secteur par secteur - fonctionnent de manière harmonieuse. Ainsi, si un conseil municipal améliore les conditions de logement des résidents illégaux, il devra prendre en compte les droits de propriété, l'accès à des transports bon marché, la proximité avec les opportunités de travail, et la disponibilité des services de santé et d'éducation. Il sera également important de vérifier que les banlieues reçoivent une part égale des dépenses municipales.

4. Ne pas ignorer la voix des pauvres. Les municipalités des grandes villes n'étant pas capables de collecter suffisamment d'impôts pour financer la maintenance, l'Inde a vu des organisations de résidents urbains s'engager dans des partenariats avec des entreprises du secteur privé qui fournissent des services dans leurs municipalités, explique Amitabh Kundu, expert en matière d'urbanisation. Les banlieues les plus pauvres, qui sont dans l'incapacité d'apporter une contribution financière, sont en général exclues de ces initiatives. Les associations de résidents plus riches ont même fait appel à la justice pour faire fermer des campements informels.

L'urbanisation n'est pas une fatalité, mais lorsque la part de l'agriculture dans l'économie diminue, la croissance de la population urbaine est inévitable | Crédits Photo : Christian Heeb / Johannesburg, Caesar Gauteng

Les approches à privilégier

1. Accepter le fait que les pauvres ont le droit de vivre en milieu urbain. Ensuite, se préparer à répondre à leurs besoins en matière de terres et de logement tout en promouvant la vision d'une utilisation durable des terres, écrivent George Martine et Gordon McGranahan de l'IIED dans un rapport sur le Brésil. La manière la plus efficace d'y parvenir est de préparer des terres et des services avant leur arrivée, plutôt que de prendre des mesures correctives qui sont bien plus coûteuses pour les résidents urbains pauvres et les villes elles-mêmes.

2. Investir dans les communautés qui vivent dans les zones informelles. Des municipalités sud-africaines ont mis en place des unités de gestion des catastrophes afin d'aider les communautés à faire face aux conséquences des feux de cabane, des inondations et d'autres dangers. Cela a contribué à faire baisser le nombre de victimes en cas de catastrophe. D'autres ont investi dans les infrastructures et les services afin d'améliorer la qualité de vie des résidents.

3. Aider les personnes qui vivent dans des campements informels et dans des logements non sécurisés à acquérir des terrains bons marchés. Le gouvernement sud-africain, par le biais d'une nouvelle subvention publique, finance la modernisation des campements existants et la création de nouveaux logements dans des zones plus adaptées en subventionnant l'acquisition, l'entretien et le dégagement de terrains pour la construction de logements à loyer modéré.

Questions-réponses avec Gordon McGranahan, responsable de l'équipe urbanisation de l'IIED, sur les leçons à retenir dans les pays en développement.

Quelles leçons peut-on retenir des expériences des BRICS ?

La principale leçon est qu'un pays qui ne se prépare pas à l'urbanisation prévisible risque d'être confronté à de graves problèmes. Les BRICS ont tenté, parfois avec succès, de mettre un frein à l'urbanisation - l'apartheid en Afrique du Sud et la révolution culturelle en Chine - mais ces exemples mettent en lumière les graves problèmes suscités par un contrôle direct de l'urbanisation. Il y a également des exemples positifs - les programmes sociaux au Brésil et l'expérimentation urbaine en Chine, qui leur ont permis de réaliser de grands succès économiques. Mais il n'y a pas de panacée ; pour réussir l'urbanisation, il faut faire des choix difficiles.

L'urbanisation est-elle inévitable ? Certaines études suggèrent que les efforts déployés en matière de développement rural entraînent le déplacement des habitants vers les villages.

L'urbanisation n'est pas une fatalité, mais lorsque la part de l'agriculture dans l'économie diminue, la croissance de la population urbaine est inévitable, et elle est telle que les autorités urbaines sont dépassées. En Inde, certains responsables essayent de limiter l'urbanisation en réduisant le nombre de migrants et de logements à loyer modéré dans leurs villes . Selon moi, le fait que [des personnes s'installent en milieu rural] reflète l'échec de la création de villes dynamiques et économiquement viables. Certaines études laissent entrevoir une contre-urbanisation en période de difficultés économiques, mais il est difficile de trouver un pays à revenu faible ou intermédiaire qui connaisse une croissance économique durable et une désurbanisation. Si les investissements réalisés en milieu rural se justifient par le seul fait qu'ils encouragent les gens à ne pas s'installer en ville, alors je dirais qu'ils ne se justifient pas du tout.

L'urbanisation devrait-elle être considérée comme le seul déplacement des populations des zones rurales vers les zones urbaines ? Ou l'urbanisation correspond-elle également au développement des zones rurales ?

Cela soulève des questions importantes sur la définition, et finalement, sur les politiques. Les densités urbaines diminuent, alors que les modes de vie et les professions agricoles sont de plus en plus semblables à ceux des zones urbaines. Les agglomérations urbaines denses présentent toutefois encore des avantages environnementaux et économiques ; ces besoins doivent être exploités. La Chine a connu une période au cours de laquelle on pouvait penser que son industrialisation serait plus rurale qu'ailleurs, mais lorsque l'économie s'est emballée, les entreprises installées en milieu urbain ont éclipsé les entreprises installées en milieu rural.

Source : nextafrique.com

 

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